©
Son entourage, constitué des nostalgiques du PDG, des vautours du PUP et des nouveaux « extrémistes » du CNDD ont créé et renforcé aussi ce sentiment «l’homme à tout faire » embrassé par le capitaine pour des intérêts personnels et sordides.
Les jours se suivent mais ne se ressemblent pas en Guinée, chaque jour naît avec ses multitudes d'incertitudes et de questions. Les rumeurs continuent à alimenter le climat politique et social pendant que les internautes s'éternisent devant leurs écrans dans la quête quotidienne du dernier scoop, ou du moins ils se cramponnent scrupuleusement sur leur clavier espérant répondre à l'intrigue qui règne en Guinée.
Plusieurs questions d'avant ou d'après les éléments du 3 Décembre 09 continuent à ronger les esprits et représentent des sujets de débats infernaux où chacun essaye tant bien que mal d'apporter des explications plausibles.
Pour l'instant les questions qui font beaucoup couler l'encre et la salive reposent sur: le tabou qui entoure l'état de santé du capitaine Dadis, la niche de Toumba, le rapport de la commission d'enquête internationale, l'application immédiate ou non des récentes dispositions de Ouagadougou et le sort de la nation sous le règne du général autoproclamé.
Quelques mois auparavant dans un des mes articles intitulé « Dadis emboite les pas de Charles Taylor ou de Robert Guei » j'avais mis en exergue la très probable situation qui pourrait arriver au capitaine Dadis si jamais il continuait à garder son entêtement face à la communauté nationale et internationale.
Malheureusement pour certains et heureusement pour d'autres cette tentative d'assassinat circonstancielle en sa personne est advenue. Tentative qui reflète les fruits d'une année de gestion humaine calamiteuse où la junte militaire applique le principe de la junte animale sans aucun respect hiérarchique, où règne la loi du plus fort et où la justice est rendue par l'exécutif et ses auxiliaires (militaires) sous l'œil impuissant d'un peuple agenouillé de gré ou de force par ses dirigeants.
Si jamais des doutes existaient dans l'affirmation désinvolte du capitaine Dadis après les événements macabres du 28 Septembre 09 qui disait « c'est seulement en Guinée qu'un lieutenant dit merde à un général », les événements du 3 Décembre l'ont confirmé et le capitaine a été finalement victime de plusieurs éléments concordants et interdépendants à savoir: sa propre personnalité, son entourage, son immaturité politique et son déphasage temporel.
Contrairement à l'occident où l'ascension à la magistrature suprême passe forcement par la compétence intellectuelle, en Afrique et précisément en Guinée nous continuons à croire que c'est seule la bénédiction qui propulse l'homme au fauteuil présidentiel. Cette impression virtuelle « d'être plus béni » force nos chefs à diriger selon leurs humeurs, leurs conceptions et en dehors de toute règle juridique et constitutionnelle.
Sans doute, le capitaine Dadis est arrivé au pouvoir avec de bonnes intentions à l'image de toute personne nouvellement promue, muni d'un programme politique, économique et sociale très prometteur au point d'envouter la majeure partie des Guinéens(nes) et enfin d'engendrer un engouement sans précédant en sa personne.
Malheureusement, à un point donné de l'enthousiasme populaire, les mouvements de soutien en sa personne ont changé les donnes et l'ont rendu plus que jamais vicieux pour le fauteuil présidentiel. L'impulsivité, l’orgueil, l'arrogance, la défiance, teintées de sentiments de patriotismes ont pris le dessus. Tous ces faits étaient palpables à travers les « Dadis shows » qui se succédèrent à la télévision nationale et ont contribué, galvanisé le jeune novice capitaine à renoncer à ses engagements devant Dieu (la bible et le coran en main) et le bas peuple.
De surcroît, au lieu de prôner le dialogue et d'éviter le recours à la force dans les situations de divergences politiques, il s'est érigé en justicier. Son arrogance innée l’a conduit à adopter une attitude d'indifférence totale face aux carnages du 28 septembre comme si cela voulait dire simplement « c'est vous qui l'aviez cherché ».
Son entourage, constitué des nostalgiques du PDG, des vautours du PUP et des nouveaux « extrémistes » du CNDD ont créé et renforcé aussi ce sentiment «l’homme à tout faire » embrassé par le capitaine pour des intérêts personnels et sordides.
Le manque de sagesse, d'humilité et la malhonnêteté ont représenté leur charisme. Pendant que les uns vociféraient les louanges à l'encontre du chef à longueur de journée, les autres le caricaturaient comme étant le Moise Guinéen.
Au lieu de penser à la souffrance du peuple, ils ont pensé à s'éterniser au pouvoir, au lieu de lui prodiguer de sages conseils, ils l’ont utilisé à des fins personnelles et enfin l’ont plongé dans le gouffre obsessionnel du pouvoir.
Son immaturité politique a également été un facteur prépondérant dans son échec. Un leader ne peut en aucun cas aspirer au développement économique de sa nation en rabrouant les partenaires au développement et les diplomates qui constituent le gage et le support de toute ascension économique. La sollicitation du support de tous permettrait de poser les jalons nécessaires pour un développement cohérant et durable en fonction des aspirations du peuple.
Mais aucune personne ne peut berner un peuple durant toute son existence. Il est évident que ce pauvre peuple a longtemps souffert, il a enduré pendant cinquante une années les atrocités et l'injustice des deux précédents régimes.
Mais plus les temps changent, plus les mentalités évoluent et plus le peuple prend conscience du retard dans le quel il fut plongé par ses propres dirigeants. Les symptômes de la fin de tout régime dictatorial se manifestent par les soulèvements populaires intermittents. Malheureusement, le capitaine et ses acolytes ont sous-estimé le sursaut national qui a naquit en 2006 au sein de la jeunesse guinéenne.
Si l'opposition se distingue de par son inertie, cette jeunesse est décidée plus que jamais à conduire sa destinée en main. Et si le fait de verser du sang représentait un symbole de sacrifice, donc croyez moi que les vœux de cette jeune génération seront exaucés ; cette même jeunesse sous l'impulsion du mouvement syndical a défié et agenouillé le général Conté.
Elle fut également galvanisée par l'avènement de la nouvelle technologie (net) qui constitue actuellement à la fois la bête noire des pouvoirs dictatoriaux et un accélérateur de croissance économique, sociale et politique. Les guinéens de toutes sensibilités confondues ne se tairont plus et comme le disait Thomas Jefferson « J'aime les rêves du futur mieux que l'histoire du passé ».
Mouctar Bah, Représentant de Guinea-Forum à New York
E-mail : mouctart@yahoo.fr
Copyright © 2009 www.guinea-forum.org- All Rights Reserved.
Contact: webmaster@guinea-forum.org
Merci pour votre visite. Revenez quand vous voulez! À bientôt.
|